Prasat Phanom Rung
Réveil de bon heure le lendemain matin, prise du petit déjeuné gentiment préparé par notre hôtesse sur la petite terrasse, puis attente de notre minibus et direction... le Prasat Phanom Rung. Nous avons un fois de plus passé le plus clair du trajet à dormir. Je me suis réveillé dans les lacets de l'ascension du volcan : En effet le temple en ruine est situé sur un ancien volcan, environ 160m au dessus de centaines d'hectares de rizières.
Nous faisons une première halte dans une petite chapelle, détail important pour la sœur de Koh, qui, lorsque qu'elle était venue la première fois, avait formulé un vœu au buddha dans la chapelle. Le vœu s'étant exaucé (on ne sait pas ce que c'est), il fallait qu'elle revienne adresser ses remerciements. Dans la chapelle, j'ai pu observer une coutume étonnante : comme nous, on peut donner de l'argent pour avoir le droit d'allumer non pas une bougie mais de l'encens, mais avec les bâtons d'encens est fourni un petit carré de feuille d'or, destiné à redorer le buddha. Ainsi, chacun contribue à remettre en lumière cette statue sacrée.
Démarrage de la visite donc, et ascension des premières marches avant d'arriver au guichet : le panneau est assez explicite : c'est 30 Baths pour les Thaï, et 150 pour les occidentaux. Ici, cela ne pose aucun problème, c'est normal. Je voudrais bien voir le même panneau en France devant le Panthéon : Français : 3€, Etrangers : 15€ ... et surtout la réaction des gens. Le chemin pentu qui mène à la première terrasse est jalonné de petits tas de cailloux : Ces monticules réalisés avec le plus grand soin sont faits avec des fragments de latérite (de la roche volcanique altérée par des années de climat tropical). Chacun peut faire le sien, la signification précise m'est inconnue mais il doit s'agir d'après ce que j'ai compris d'une façon de participer à l'embellissement du temple.
Nous arrivons enfin à la première terrasse. De là, on peut admirer toute la perspective du temple : l'allée principale, tout en latérite également, de 160m de long par 7m de large, bordée de 67 piliers ornés de Sao Nang Riang, des fleurs de lotus sacré.
Les Nâgas, serpentq à 5 têtes, représentent les esprits de la terre, en quelque sorte. J'y reviendrai dans un autre article, mais plus ils ont de tête, plus ils sont important (le Dieu Nâga étant un serpent à 7 têtes). Derrière la plate orme une seconde succession de marcheq nous mène au-delà du mur d'enceinte jusqu'au sommet, ou l'imposante architecture se dresse devant nous.
Au dessus de la première porte pour l'antichambre, un bas relief représente l'ermite Narendratiya, qui serait à l'initiative de cette construction. Depuis la cour intérieure, nous pouvons enfin admirer l'ensemble de l'imposante architecture Khmer du temple dans tous les détails et de toute sa hauteur. La porte principale du temple est surmontée du plus célèbre linteau de Thaïlande, un bas relief représentant Vishnou couché sur un serpent dans la mythique mer de lait. Ce linteau a une histoire assez originale, puisqu'il a été dérobé en 1966, racheté dans les rues de Bangkok par un collectionneur new-yorkais et revendu enfin a l'Art Institue of Chicago. Ce n'est que 22 ans plus tard qu'il a pu rejoindre son pays d'origine. Il est à noter que tous les responsables du vol sont morts dans des conditions accidentelles... Les Incas ne sont pas tout proches, mais les 7 boules de Cristal ne sont pas si loin...
Au centre du temple, on trouve une sculpture étonnante, d'époque bien sûr : un Lingam-Yoni. Alors, c'est là qu'il faut faire preuve d'imagination : d'une part, le lingam, la partie verticale et ronde, et de l'autre, le Yoni, la vasque munie d'une ouverture sur un de ses bords et possédant en son centre une cavité destinée à accueillir le lingam. L'union des deux représente alors la totalité du monde et la puissance de la création. Je ne sais pas pourquoi, mais dès qu'une religion parle de sexe (quand elle en parle) c'est toujours d'une façon très imagée... Bref, toujours est-il que ce Lingam-Yoni repose au centre du temple depuis maintenant plus de 900 ans, alors on va les laisser créer le monde en paix.
La matinée touche à sa fin en même temps que la visite. Il faut quitter à regret ces vieilles pierres et leurs secrets. Direction le bas du volcan, ou une autre construction nous attend.
Prasat Muang Tam
Littéralement « Celui d'en bas », ce temple a été construit un siècle avant Phanom Rung. Personnellement je l'ai trouvé beaucoup plus beau, ne serait-ce que par sa géométrie parfaitement carrée, et son équilibre entre verdure, eau et pierre (voir le plan dans l'album photo). L'entrée est cachée au fond d'un parc, et la lumière de se début d'après midi rend certes les photos difficiles (contre jour) mais sublime le décor.
Dès l'entrée, une petite barrière circulaire au niveau du sol semble protéger un « trou » dans les dalles de pierre. En réalité, c'est la marque d'un sceau aspirant tout mauvais esprit qui tenterait de s'introduire dans le temple. Après un premier mur d'enceinte, on débouche dans la cour extérieure, abritant quatre bassins en L, représentant les quatre océans. Je vais me renseigner sur cette histoire, car il est peu probable qu'au XIIIeme siècle, les habitants de cette régions aient eu conscience de l'existence de quatre océans, qui seraient l'Atlantique, le Pacifique, l'Indien et l'Arctique. Comme la guide ne maitrisait pas très bien l'anglais, je n'ai pas voulu l'assaillir de question. Le second mur d'enceinte abrite quand à lui le cœur du sanctuaire, constitué jadis de 5 prang, ces tours servant de lieu de prière. La plus grande, au centre, représentant le mont Meru, s'est effondrée avec le temps. De part et d'autre, les vestiges de deux bibliothèques, abritant les écrits et les préceptes de Buddha.
Petite parenthèse : Le Mont Méru dont il est question ici n'est pas le Volcan qui porte aujourd'hui ce nom, au nord de la Tanzanie. Il s'agit de la montagne sacrée de la Mythologie persane et Hindoue, symbolisant le centre du monde. Le centre d'un disque, porté par quatre éléphants, sur le dos d'une tortue, elle-même enroulé dans un serpent, représentation de Shiva. Pour ceux qui connaissent l'humoriste anglais Terry Pratchet, désolé pour la désillusion, mais il n'a rien inventé. Le mont Méru serait haut de 450.000 Km, serait le lieu de séjour des dieux, avec le paradis à son sommet, l'enfer en dessous, et le monde tout autour.
De l'autre coté, nous sommes retournés dans la cour extérieure, où une longue séance photo a eu lieu. Petite anecdote, si les escaliers d'accès au sanctuaire sont si abrupts, c'est pour obliger les gens à baisser la tête (pour regarder les marches) en pénétrant dans ce lieu, afin d'y pénétrer avec respects. Habiles visiblement, endoctrinés sûrement, mais néanmoins malins, les architectes de l'époque...
C'est à regret que nous avons quitté ce lieu afin de retourner à la gare routière de Surin et prendre notre bus pour Bangkok. Ce week-end aura été pimenté avec une sauce particulière, celle de l'aventure, celle de la découverte d'une facette de la Thaïlande inconnue de la plupart des touristes. C'est également celle de la découverte de la culture thaïlandaise, celle des habitants de la campagne, qui partagent leur repas avec des parfaits inconnus, sans poser de questions, et enfin celle de fouler des siècles d'histoire aux mystères jalousement gardés par des pierres aux couleurs usées par le temps.
PS : dans l'album, les deux dernières photos n'ont rien à faire là, je ne sais pourquoi je n'arrive pas à les classer chronologiquement. La première est une prise depuis la porte du paradis à Phanom Rung (on voit les Nagas de dos) et la deuxième est une macro d'une libellule sur un mur à Muang Tam. Pour le scooter, il est hors sujet, mais je ne pouvais pas ne pas le mettre tellement il représente l'inexplicable de la Thaïlande...
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